26 novembre 2009

Syndrome de sevrage aux antidépresseurs

Le psy a oublié de me renouveler mes anti-dépresseurs, une fois de plus. Il a déjà oublié, et à chaque fois, il a fallu que je retourne le voir pour récupérer l'ordonnance, parce qu'il refuse d'envoyer ses ordonnances par la poste.
Je lui ai dit (j'ai réussi) que c'était son job de me les prescrire, c'est lui le psy, ce n'est pas à moi de le lui rappeler. Il a répondu que lui ne pouvait pas savoir où j'en étais dans mes médicaments, que c'est à moi delui demander quand je n'en ai plus. Mouais.

Ces derniers temps, je me sentais bien. J'ai donc décidé d'arrêter le traitement, vu que je le prends depuis plusieurs années maintenant et que cela fait des mois que je n'ai plus eu de symptômes dépressifs. Je ne susi pas retournée le voir pour avoir mon  ordonnance.

J'ai donc arrêté net. Chose qu'il ne faut surtout pas faire, il faut arrêter progrssivement, je le sais. D'autant que vu l'ineffciacité de ma précédente psy, j'ai eu besoin de passer à la dose maximale avec elle. Je suis donc passée de la dose maximale à rien du tout, parce que je n'ai plus pensé au risque du syndrome de sevrage.
La première semaine, tout allait bien. C'est au cours de la deuxième semaine de sevrage que j'ai commencé à me sentir mal. Vertiges, irritabilité. J'ai cru avoir un problème de tension artérielle. Au bout de plusieurs jours de vertiges, j'ai pris rdv avec mon généraliste. Entre temps, j'ai compris ce qui se passait quand j'ai eu le sentiment de revivre mon arrêt du tabac. C'est un syndrome de sevrage, beaucoup plus fort que pour la clope, mais c'est la même chose.
Et puis j'avais rdv avec le psy avant le rdv avec le généraliste.
Le psy a halluciné quand je lui ai raconté ce qui se passait. Il ne m'a pas donné le sentiment de s'être remis en question. C'est tout de même de sa faute si au départ je me suis retrouvée sans ordonnance. Il a dédramatisé et a calculé que je n'en avais plus que pour quelques jours de désagrément.
J'ai ensuite vu mon  généraliste, qui m'a prescrit la dose minimale de ces antidépresseurs pour amoindrir le syndrome de sevrage. Je vais prendre cette dose quelques semaines, puis la diminuer par deux sur les semaines suivantes, puis arrêter totalement si tout va bien. Il était plutôt outré de l'attitude de mon psy. Je dois dire que je le rejoins dans ce sens.
Au bout de deux jours avec la dose minimale des antidépresseurs, les vertiges avaient disparu et l'irritabilité aussi. Par contre, j'ai fait un petit retour de manivelle : anxiété, tristesse pendant 3-4 jours, probablement dûs au fait que je n'avais plus eu de traitement pendant 2 semaines.
AUjourd'hui ça va. On verra comment cela se passe en diminuant la dose.

06 septembre 2009

Les vacances

Les vacances.

D'après le psy, j'étais sensée prendre des initiatives, proposer des choses, parce que c'est les vacances, c'est plus faciles, ce sont des choses légères qu'on choisit : pizzeria ou crèperie ?

Sauf que non.
J'ai très mal vécu mes vacances sur ce plan là. Cela a démarré par une partie de jeu de société que s'est éternisée pendant une journée entière et à laquelle je ne participais pas. J'ai eu le sentiment de ne pas avoir osé m'y incruster où me signaler. Cela m'a fait angoisser puis déprimer à cause du sentiment d'échec et de ne pas faire de progrès. J'ai déprimé pendant 3 jours, sur 10 jours de vacances, c'est beaucoup.
Ensuite, n'étant pas d'humeur favorable, un accrochage entre mon compagnon et moi a fini de m'attrister et me déstabiliser. Je me suis refermée sur moi-même et n'ai plus rien proposé.

Bref, les vacances furent éprouvantes.

09 mars 2009

22ème séance

Toujours déprimée, moins d'anxiété.

Le psy m'a demandé pourquoi. Comme je n'arrivais à lui dire, il m'a demandé depuis quand.
"C'est depuis que j'ai refusé de postuler sur un temps plein dans le public."
Il m'a demandé quelle part de l'activité du temps plein correspond exactement à ce que j'aime y faire : la recherche. Cela représente un tiers du temps, si je suis réaliste et que j'envisage comment cela sera dans quelques années. Il m'a alors expliqué que ce tiers de temps de recherche, je pourrai tout à fait le faire en étant pas titulaire du public. Donc je n'ai pas à déprimer. Ce qui me tient à coeur n'est pas perdu. Ce qui est perdu, c'est la qualité du service fourni par ce secteur du public. Donc je ne dois pas avoir de regret à le quitter.
CQFD.
Il m'a dit que je dois faire le deuil, certes, mais le deuil de la REALITE, pas le deuil de l'utopie que je me suis créé et triant les souvenirs des années passées dans le public.
La réalité, c'est que c'est le merdier.

Il m'a dit aurevoir en me disant "la réalité, pensez à la réalité".

28 février 2009

21ème séance

Toujours déprimée, avec beaucoup d'anxiété.

Le psy m'a demandé pourquoi.
Quand on me pose la question, la première réponse qui me vient à l'esprit est très vite masquée par une sorte d'auto-censure qui me fait répondre "j'en sais rien". Quand je suis devant le psy, je sais que je n'ai pas le choix. Si je veux avancer, je dois lui répondre. Alors je lui réponds.
"C'est à cause de mon travail. Je viens de refuser de postuler sur un temps plein (dans le secteur public)."
Le psy m'a donné son point de vue sur l'avenir du public et m'a dit que ce n'est pas parce que je ne serai jamais temps plein dans le public que je ne pourrai pas faire ce qui me plaît.
Je lui ai dit que, du coup, je n'ai pas fait ce qu'il m'avait demandé de faire la dernière fois, étant donné que j'avais déjà du mal à me lever pour aller bosser le matin. Il m'a dit qu'en effet ce n'est plus la priorité. Il faut d'abord que je sorte de cet épisode dépressif.
Il m'a dit d'augmenter la dose d'antidépresseurs.
Ce à quoi j'ai répondu que c'était déjà fait.

23 octobre 2008

Rewind

Je suis retournée sur mon ancien blog pour m'assurer qu'il était toujours en ligne, et j'en ai relu quelques notes. Je suis tombée sur un article où j'exprimais mes "grosses difficultés dans les relations humaines". A l'époque, je n'avais pas la moindre idée de ce qui me posait problème, je savais juste que j'avais un problème. J'ai parcouru ce blog pour retrouver d'autres notes du même genre. Il y a notamment celle-ci qui est très caractéristique :


Exutoire

Je monte sur un pont
je plonge rassuré
Je n'aimais pas mon nom
je n'ai jamais su aimer
La carapace d'or
qui protège ma vie
serait-elle un trésor ?
Je la trouve hors de prix


Jean-Louis Murat - Royal Cadet


Explication de texte :

Il y a des jours où on a l'impression de porter sur soi une sorte de carapace, dont on voudrait bien se défaire.
Ce serait comme la métamorphose à l'envers.



Quand je relis ça, ça me replonge dans ce sentiment d'oppression que je subissais, c'est franchement désagréable. Et il y a plein de notes comme ça.
Vivement que tout ça soit définitivement derrière moi.

01 octobre 2008

16ème séance avec le recul



Je vais mieux. Je me sens mieux. Depuis que j'ai pris la décision de changer de travail, je n'ai plus d'angoisse. Quel soulagement !
Je ne sais pas si c'est dû au fait que mon travail me bouffait la vie et qu'en changer résoud un de mes problèmes ou que j'ai pris une grande décision qui m'a fait affronter ma phobie et que cela m'a démontré que je suis capable de le faire. Certainement les deux.


Les conséquences sur mon quotidien sont multiples : ma vie devient plus facile.


Mon frère P. devait venir me voir le week-end dernier. Je l'attendais avec impatience. Il m'a appelé pour me dire qu'il ne pourrait pas parce qu'on lui a demandé de remplacer, une fois de plus, un collègue absentéiste au pied levé sur ses jours de repos. Je lui ai signifié que j'en avais marre qu'il me fasse encore ce coup-là et que, de surcroît, il n'avait pas à compenser systématiquement les insuffisences de ses collègues. Il m'a rappelé 1 heure plus tard pour me dire que finalement il viendrait. Nous avons passé un très bon week-end. Il y a un an, je lui aurais dit que c'est dommage qu'il ne vienne pas, point. Tout en n'en pensant pas moins.



Je suis allée à un concert le week-end dernier. Il y avait plusieurs groupes programmés. Au premier rang, 3 femmes, qui s'étaient vraissemblablement déplacées pour un seul des groupes au programme, ont passé la quasi-totalité du set d'un des groupes à se prendre en photo sous le nez du chanteur, qui les a d'ailleurs vues et semblait en être gêné. Ce comportement m'a révoltée. A la fin du set de ce groupe, je suis allée trouver ces 3 femmes pour leur signifier que leur attitude manquait totalement de respect pour les artistes. L'une d'elle a répondu en parlant de moi à la troisième personne et en fuyant mon regard. Je lui ai demander de me regarder dans les yeux pour s'adresser à moi. Son argumenation était que j'étais frustrée de voir ces 3 amies heureuses. Je n'ai eu aucun regret à les houspiller et aucune angoisse à le faire.

Chose plus anodine, je n'ai plus aucune difficulté à demander du feu à des inconnus.

Parmis les choses importantes, je n'ai plus du tout envie de me séparer de mon compagnon. C'est peut-être lié au fait que je ne vois plus mon ancienne psy. Elle avait le don de me faire douter du bien fondé de mon couple. De son côté, mon compagnon est beaucoup plus attentif et compréhensif à mon égard. Je l'ai entendu dire à un de ses amis au téléphone, sur un ton ravi "je ne la reconnais plus". Je pense qu'il attendait depuis longtemps l'arrivée de mes progrès.

Autre progrès, quand j'ai à faire face à une difficulté, je l'envisage comme "un très bon exercice" et non plus comme une galère. Cela me permet de me lancer plus facilement  et de relativiser les éventuels échecs.

16 septembre 2008

Du changement !



La thérapie porte ses fruits.
J'ai pris ces derniers jours des décisions qui étaient en suspens depuis des mois voire des années.
J'ai arrêté de voir mon autre psy. Je ne l'ai pas laissée tomber comme une vieille chaussette, je suis allée au dernier rendez-vous en date pour lui annoncer.
Je change de travail.
Je change de banque.

Cela peut paraître surprenant que ces trois changements soient situés au même niveau de difficulté, mais à vrai dire, le moins évident pour moi a été de changer de banque. Tout ça est lié, bien évidemment, à ma peur de la réaction des autres.
Pour la banque, il s'agit de celles dans laquelle mes parents m'ont ouvert mon premier compte chèque. A une époque, mes parents m'avaient demandé de rester à La Poste, parce que la postière du village de mes parents était parmis leurs amis. Depuis, je n'ai jamais osé en changer, de peur de la réaction de mes parents, alors que ça fait bien longtemps que cette postière n'y travaille plus. Et puis ça fait 15 ans que je ne vis plus dans ce village. Et, il faut bien l'avouer, les services banquaires de La Poste ne sont pas au top. Ça fait 10 ans que mes amis me disent de changer de banque. Ils ont raison. Ça fait 10 ans que je le reconnais.


La psy, elle, m'a dit des choses qui ne me conviennent pas. Pour simplifier, elle n'avait qu'une idée en tête, me pousser à me séparer de mon compagnon. Et puis avec elle, les séances consistaient à ne parler que de ce qui ne va pas. Avec le psy, les séances consistent à parler de ce qui va mieux, et ça me fait beaucoup plus de bien.

Quant-au travail, je suis (enfin, j'étais) dans le public et je pars dans le libéral. Bosser dans le public, c'était pour moi une sécurité. Toujours être sous la responsabilité de quelqu'un. Faire ce qu'on me dit. Ne pas avoir à gagner ma vie en demandant directement de l'argent à mes patients. Travailler avec une population non "rentable". Mais l'ambiance, ma titularisation qui se fait attendre, les manigances, les conflits d'égo des universitaires et la dégradation des conditions de travail à l'hôpital ont eu raison de ma patience. J'en suis venue à me dire que tout ça ne valait pas la peine. L'année dernière, j'ai commencé à envisager ce départ, puis on m'a proposé de continuer à travailler avec un poste contractuel, moins bien payé que si j'étais titulaire, et j'ai accepté puisque ça me permettait de ne pas avoir à prendre LA décision. Cette fois, ça y est, la décision est prise, j'ai passé des coups de fil pour trouver du boulot dans le libéral, je n'aurai pas de mal à trouver.

Bref, tout cela est très perturbant, déstabilisant, mais positif.
Mon psy sera ravi de tout ça.
Moi je suis épuisée, mais libérée. Je me sens beaucoup plus légère, moins plombée par ma phobie, moins prisonnière, le carcan s'allège. Et puis surtout, à ma grande surprise, je ne suis pas malade d'angoisse. Je suis stressée, certes, mais il s'agit plus de trac que d'angoisse. Une réaction normale, donc. J'ai même diminué la dose d'anti-dépresseurs le lendemain de mon dernier rendez-vous avec la psy, je suis revenue à la dose que je prenais avant l'été. J'avais peur que les angoisses reviennent, il semblerait que ce ne soit pas le cas. Je ne sais pas trop ce qui m'a motivée à diminuer la dose, mais je ne le regrette pas. Peut-être que finalement j'arriverai à m'en passer plus tôt que je ne le pensais. Mais l'arrêt se fera sous contrôle du psy.

Par ailleurs, j'ai fait une grande découverte. Quand je dis ce que je pense, les gens me remercient au lieu d'en être mécontents. On me l'avait dit, mais tant que je ne l'avais pas expérimenté, je n'y croyais pas. Ma psy était ravie que je sois venue lui dire en face que j'arrêtais la thérapie avec elle. Ma chef m'a dit être soulagée de me voir prendre ma vie en main, même si je la mets un peu dans la merde, parce qu'elle s'inquiétait de me voir toujours attendre les miettes que le chef d'établissement voulait bien me laisser.
Autre chose, quand je dis non à quelqu'un, cette personne l'entend, et fait en fonction. Quand j'ai dit non à mon frère L. que je ne passerai pas le dimanche chez eux (officiellement parce que je n'ai pas le temps et j'ai quelqu'un d'autre à voir ce jour-là, officieusement parce que j'ai horreur de ça, même si j'ai envie de voir ses enfants), il décide de passer me voir 2 heures avec sa petit famille le samedi après-midi.

Et puis j'ai découvert une dernière chose qui m'interroge. J'ai laché un peu du lest dans mon comportement avec les amis de mon compagnon, je me suis détendue, et je me suis ouverte à eux. J'ai découvert que ce sont des gens qui m'intéressent, que je peux parler de plein de sujets que je ne soupçonnais pas avec eux. J'ai découvert qu'ils sont cultivés et drôles. Si je ne m'étais pas lachée, je ne l'aurais jamais découvert. Je les sous-estimais. Et ça, ça me fait de la peine. Mon psy a raison, je n'ai effectivement pas de problème d'estime de moi.

Je le vois demain, j'aurai des dizaines de choses à lui dire.

13 juillet 2008

A propos de cette thérapie

 

 

J'en suis à la 13ème séance, j'ai commencé il y a bientôt 1 an de cela.
C'est long. Normalement, les TCC sont des thérapies rapides. Mais j'habite en centre-ville, là où les psys, comme tous les spécialistes, sont over-bookés. Le psy fait ce qu'il peut pour rapprocher les rdv. De plus, avec mon emploi du temps à trous, je peux y aller en milieu de journée, mais ça ne suffit pas à rapprocher les séances. Nous en sommes à un séance par mois en moyenne. Si nous avions pu nous voir une fois par semaine, la thérapie serait finie depuis longtemps. D'un autre côté, je me demande si mes réflexions auraient été aussi fructueuses avec une séance par semaine. Peut-être bien que oui, puisqu'en général, je mets deux ou trois jours à répondre à la question posée à la séance précédente.


L'avantage de ces longs intervalles inter-séance, c'est que je prends pleinement conscience de ma phobie.
L'inconvénient, c'est que j'ai pleinement le temps d'en être totalement déprimée.

 






30 mai 2008

11ème séance avec le recul



Je veux que tout le monde m'aime, c'est ce qui explique mon comportement et qui finalement explique mes problèmes de couple. Je veux trop être aimée.
C'est aberrant, mais finalement logique.
Et toute ma vie est dirigée par ce postulat.

Quand le psy m'a dit "vous ne voulez pas faire de vague, vous voulez plaire à tout le monde, et comme tout le monde n'a pas les mêmes goûts, vous devenez transparente, inexistante", j'ai frémi. Mon compagnon m'a régulièrement reproché d'être transparente et inexistante. Mais lui pense que, la pluspart du temps, je me fiche de ce que les autres pensent. Or c'est faux, je ne fais rien de peur de déplaire et non par indifférence vis à vis de l'avis des autres.

Le psy m'a demandé de réfléchir à combien ma vie entière est basée sur ce postulat.
Pas besoin d'y réfléchir beaucoup. Cela me revient à la face en permanence.
Auparavant, cela faisait partie de mon fonctionnement "normal", je faisais en sorte de ne pas déplaire.
Aujourd'hui, cela fait toujours partie de mon fonctionnement, mais à chaque fois que j'en prends conscience, cela me meurtrit. Cela me meurtrit au jour le jour, en direct live. Quant-à repenser à tout ce qu'est et qu'a été ma vie sous l'angle de la pathologie, j'en frémis...



Certains jours, je me demande ce que serait ma vie sans cette pathologie. Cela me déprime.
D'une manière générale, en ce moment, tout me déprime, de toutes façons.
Moi, ma maladie, ma vie, mon couple, mes conditions de travail, la France, j'en passe et des meilleures.
Je ne sais pas si maladie est le bon mot. C'est, je crois, la première fois que je l'emploie ici, et peut-être même la première fois que je l'emploie tout court. Mais je trouve qu'en ce moment, il me va très bien.
Bizarrement, depuis que je suis cette thérapie et que je sais que j'ai une autre pathologie, en plus de la dépression, je suis beaucoup plus à l'aise avec le fait de parler de la dépression et des psys et des anti-dépresseurs. Je me surprends à en parler ouvertement à mes collègues. Je trouve ça positif.
Je suppose que les prochaines séances consisteront à la mise en place des exercices pour lutter contre la phobie.
Enfin !

22 mars 2008

Réflexions




Ayant loupé le dernier rendez-vous chez le psy, j'ai eu amplement le temps de réfléchir à mes épisodes dépressifs.
En fin de compte, j'ai réalisé que ces épisodes étaient liés au jugement des autres.

Le premier l'était clairement dans mon esprit. J'étais étudiante et avais une enseignante que me harcelait moralement. Elle me disait à longueur de journées que je n'arriverai jamais à avoir mon diplome, que j'étais bien trop nulle pour cela. J'ai failli mettre fin à mes études à cause d'elle. J'ai tenu bon grâce à la psychologue de la médecine préventive.

Le deuxième épisode correspond à une période où mon avenir professionnel se retrouvait fortement compromis sous la fourme sous laquelle je l'envisageais. Il y avait une guerre entre deux groupes dans la structure dans laquelle je travaillais (et je travaille encore). Des gens de l'autre groupe faisaient pression sur moi. Je ne l'ai pas supporté. C'est depuis à ce moment-là que j'ai consulté pour la première fois la psy que je consulte toujours, je suis sous anti-dépresseurs depuis l'or.




Je ne cernais pas très bien le rapport entre ma peur du jugement et cet épisode là. Et puis j'ai compris que la fac, dans laquelle je travaille par choix depuis maintenant 10 ans, correspond à un choix de carrière, un choix de vie. J'avais la possibilité de travailler dans le privé, j'ai préféré le public, quitte à gagner beaucoup moins.

D'autre part, depuis toujours, je me suis réfugiée dans la scolarité. Etant naturellement bonne élève, j'ai eu cette chance, j'avais des "facilités" comme dit ma maman, j'avais trouvé un domaine où je ne craignais pas le jugement, puisque cela marchait pour moi. J'allais de réussite en réussite. Ma scolarité a été un succès, sans être extra-ordinaire, je n'étais pas un génie, juste une "bonne élève". Je me suis investie là-dedans, complètement. Cela me faisais un bon prétexte pour ne pas rechercher à avoir une vie sociale. J'étudiais,  je n'avais pas de temps pour le reste. Mes parents ont toujours valorisé cet aspect chez moi. Avoir des enfants qui réussissent à l'école a toujours été une fièreté pour eux qui ont été contraints de s'arrêter au certificat d'études. Avoir des enfants qui réussissent socialement grâce à l'école est, je pense, tout ce qu'ils ont pu espérer de mieux pour mes frères et moi. J'ai donc toujours, depuis l'enfance, passé ma vie dans les livres d'école. C'était "mon truc", ce que j'aimais faire. C'était là que je réussissais le mieux et c'était là que je n'avais pas à craindre le jugement des autres, des professeurs, puisque cela marchait.
Vers la fin de mes études secondaires, j'étais terrorisée à l'idée de partir travailler dans le privé. Tous ces gens à affronter au quotidien, alors que j'avais une possibilité de rester à la fac, domaine où je me sentais chez moi. J'ai donc décidé de prolonger mes études et de tout faire pour travailler à la fac. Cela a fonctionné, comme d'habitude, je n'entreprends que des choses dont je me doute que cela va fonctionner, et puis je me connais bien dans le domaine des études et des examens, je connais mes capacités. J'ai donc intégré la fac.
Et puis... Et puis arriva une ENORME désillusion. La fac était devenue comme dans le privé, du moins comme l'idée que je me faisais du privé. Des conflits de personnalités, des gens à affronter au quotidien, son steak à défendre plus que de raison. Et surtout, l'incertitude de pouvoir y rester. D'une part parce que l'équipe dans laquelle j'étais, et je suis touours, était mise en danger; d'autre part parce que cette ambiance ne me convenais pas. Mais je ne pouvais me résoudre à quitter la fac pour partir dans le privé que j'avais toujours fui. Je me retrouvais coincée. Hopeless and helpeless, comme disent les anglophones. Sans espoir et sans issue. D'autant que je m'étais investie à fond dans ce domaine, je n'avais rien d'autre à quoi me raccrocher. Les gens qui ne misent pas tout sur leur travail peuvent se raccorcher à leur famille, leurs amis, leur hobby pour passer un cap difficile. Moi je le vivais à 100%. Rien d'autre à quoi me raccrocher. D'où crise sérieuse. Dépression. Tristesse, pleurs. Beaucoup de pleurs, tout le temps. Ma psy m'a beaucoup aidée. Grâce à elle, et aux anti-dépresseurs, j'ai surmonté la crise, j'ai repris confiance et j'ai lutté. La crise à la fac a fini par s'apaiser. La guerre entre les deux camps est redevenue une guerre froide, beaucoup plus supportable. Les gens de mon équipe ont reconnu avec gratitude mon attitude vis à vis d'eux. Je n'avais pas cédé à la pression faite par l'autre groupe, j'avais tenu bon. Je n'avais pas non plus quitté le navire. J'étais aux anges, on me remerciait d'être restée, je recevais un jugement positif. OUF.
Depuis, j'ai progressé dans mon parcours à la fac. J'ai travaillé encore et encore, en laissant de côté ma vie sociale, comme toujours. Il y a 3 ans, j'ai passé un concours pour être titularisée. Je n'ai pas eu ce concours. Drame. Rechute. J'ai mis plusieurs mois à reprendre confiance et goût à ce que je faisais. Je me suis remise au travail et j'ai repassé le concours l'année d'après. Que je n'ai pas eu à nouveau. Nouvelle grosse crise. Plus longue cette fois. Elle m'a laissé le sentiment de ne pas avoir vraiment réussi à en sortir.

Parallèlement, je me suis stabilisée sentimentalement. J'ai rencontré mon compagnon un peu avant le premier concours. Ma rencontre avec lui s'augurait être une rencontre pas tellement différente de celles que je faisais auparavant. Pas forcément LA rencontre. Et puis les évènements de sa vie et de la mienne ont fait que nous sommes toujours unis. Il a une personnalité à l'opposé de la mienne. Il a une mauvaise estime de soi mais une grande affirmation de soi. Dans mon cas, c'est le contraire. Cette opposition dans nos mode de fonctionnement provoque régulèrement des étincelles, mais il m'aide énormément. Il n'a pas toujours la patience que j'attendrais de lui, mais il est à l'origine de ma thérapie. Grâce à lui, j'ai pris conscience de mes difficultés. Même si c'est extrêmement difficile à vivre par moments, c'est grâce à lui que j'avance. Il me mène la vie dure. Il pense que cela me fait avancer. Souvent, j'aimerais avoir affaire à quelqu'un de moin exigent. Cela sera tellement plus facile à vivre. Bref, il m'aide.
La vie à ses côtés est difficile car il me dit ce qu'il pense et lorsqu'il s'agit de choses négatives, cela provoque systématiquement une crise d'angoisse. C'est pour cela que parfois je me dis que je préfèrerais avoir quelqu'un de moins exigent à mes côtés.
D'autant que j'ai honte de faire des crises d'angoisse pour des choses anodines qu'il me dit. Depuis que je connais mieux mon fonctionnement, j'ai compris ce qui provoque mes crises d'angoisse. Il a du mal à supporter mon inhibition sociale, ma peur des autres, ma peur de lui, aussi. Je sais que quand il commence à me dire quelque chose de négatif à ce sujet, je vais avoir une crise d'angoisse. Et comme j'ai peur de ces crises d'angoisse, j'ai tendance à éviter d'avoir à entendre des choses négatives. Mais cet évitement ne va pas dans le sens qu'il attend. Au lieu de modifier mon comportement dans un sens qui me ferai progresser et qui ferait qu'il n'aurait pas à me le reprocher, je fuis. Je n'ai pas encore la force de modifier tout cela seule. Ma thérapie va m'y aider. Je sais que tout ne changera pas chez moi, et je l'espère bien. Je n'ai pas l'intention de me formater. Simplement, je pense qu'à l'issue de la thérapie, je serai plus à l'aise pour m'imposer. C'est ce qu'il attend. Et ce que je désire améliorer.

Mon psy m'a dit, à l'issue de la première séance, "vous verrez comme ce sera bien quand vous serez guérie". Vivement que cela arrive.