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Les psys et moi

Mon premier psy était une psychologue de la Médecine Préventive de l'Université, pendant mes études. J'étais en plein TAG (trouble anxieux généralisé et je ne savais pas que ça s'appelait comme ça à l'époque). Cette psy était de l'école de la Gestalt thérapie. Je n'ai jamais su ce que c'était exactement. J'étais en quatrième année (sur 5 au total), à deux doigt de lâcher mes études et je commençais à avoir des idées suicidaires. Elle m'a sortie la tête hors de l'eau, résolu l'urgence et évité le pire. L'année suivante, l'élément anxiogène (une prof !) ayant disparu de mon entourage, je ne suis jamais retournée la voir. J'ai fini mes études sans trop de difficultés.

La deuxième était une psychiatre. Avec le recul : totalement conne, et je choisis mes mots. Je suis allée la voir en plein TAG (il semblerait que ce soit le facteur déclenchant de la consultation chez moi). Au début, elle m'a beaucoup aidée. Mais elle n'a jamais vu que j'étais phobique sociale, ni que j'avais un gros manque d'affirmation, alors qu'elle m'a suivie pendant 4 ou 5 ans. Elle traitait mes crises d'angoisses à coup d'anxiolytiques et d'antidépresseurs. Et des épisodes dépressifs, j'en ai fait avec elle.
Le pire, je pense, c'est qu'elle se permettait de juger ma vie, de me donner son avis et de me prodiguer des conseils. Par exemple, elle jugeait mon compagnon "pervers", elle m'a conseillé de le quitter. Comme je ne voulais pas, elle m'a conseillé de prendre un amant (véridique : "vous devriez aller voir ailleurs"). C'est après ça que j'ai décidé qu'il était temps d'arrêter de la voir.

Ma phobie sociale, c'est moi qui l'ai dépistée, pas elle. Sans trop savoir de quoi j'étais phobique, ma culture médicale et mon goût pour tout ce qui touche au psychologique m'ont permis de réaliser que je faisais des crises d'angoisse toujours après les mêmes événements (principalement engueulades avec mon compagnon, ou reproches au boulot) et que ce n'était pas normal. De plus, mon compagnon avait lui aussi compris que quelque chose ne fonctionnait pas normalement chez moi sur le plan relationnel, il m'a incité à me soucier de ça. J'en ai parlé à ma psy et elle m'a orientée vers un psychiatre cognitivo-comportemental, car, m'a-t'elle dit, le traitement des phobies n'était pas son domaine. Leur diagnostic non plus.

Quand j'ai commencé les séances avec le psy TCC, j'ai découvert ce que c'était qu'un psy "efficace", même si je n'aime pas ce mot. [relire les toutes premières notes de ce blog pour constater la différence entre ce psy et la(es) précédente(s)] Deuxième raison de décider d'arrêter de la voir. Ceci-dit, ça faisait un moment que ça me démangeait d'arrêter - d'ailleurs à la fin, je n'y allais plus que pour obtenir le renouvellement de mon ordonnance - mais je n'avais pas encore eu le courage, par peur de son jugement (on est phobique social ou on ne l'est pas). Je suis allée au rendez-vous pour lui annoncer que j'arrêtais là la thérapie [lire cette note]. Je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à faire ça. A partir du moment où j'ai été suivie par le psy TCC, je n'ai plus fait d'épisodes dépressifs, et je pense qu'ils étaient les effets secondaires de mon manque d'affirmation. Finis les anti-dépresseurs et même les anxiolytiques, même si ça a pris du temps.
Contrairement à la psy d'avant, il ne s'est jamais permis de juger mon mode de vie, il ne m'a jamais donné son avis sur mes choix, il ne m'a jamais donné un conseil que je ne lui ai pas préalablement demandé.

Puis est arrivé le moment où le psy TCC n'a plus réussi à répondre à ma demande. Il a considéré qu'il avait fini son travail et qu'il ne pouvait plus rien pour moi parce que j'allais mieux [lire cette note, et la suivante]. Mais j'avais et j'ai encore des problèmes à régler. De gros points noirs dans ma vie, entre autres : mon manque d'affirmation au sein du couple, mes rapports douloureux à l'argent. J'ai donc cherché un autre psy, pour changer d'air, en me disant qu'un regard neuf me ferait du bien. J'ai trouvé une psychologue formée aux TCC et à l'ACT. Je lui ai raconté d'emblée mes deux points noirs et elle m'aide à avancer sur ces deux thèmes.

Je ne suis plus suivie pour parer à ma "dépression" à coup de cachetons, et ma phobie sociale est de l'histoire ancienne : je traite mon manque d'affirmation. A ce jour, je ne fais quasiment plus de crises d'angoisses et dès qu'une pointe son nez, je parviens à la laisser passer sans médicament, les épisodes dépressifs sont de très lointains souvenirs et je commence (enfin !) à m'affirmer dans mon couple.

Et enfin, après avoir appris à défusionner de mes pensées et émotions négatives grâce à la pratique intensive (en autodidacte) de la méditation de pleine conscience, et avoir appris l'autocompassion et la bienveillance envers soi sur les conseils de la psy [lire cette note], j'ai compris d'où venait mon hypersensibilité à la critique [lire cette note]. J'apprends à ne plus me critiquer, mais à me pardonner et me réconforter. 
Les exercices d'exposition que m'a fait faire la psy et mon travail d'autocompassion m'ont permis d'améliorer notablement mon affirmation au sein du couple. 
Ainsi est donc arrivé le jour où ma psy m'a dit qu'elle  n'avait plus rien à m'apprendre.
Ma thérapie est donc finie.

Sauf que.
Sauf que j'ai le sentiment d'atteindre mes limites en terme de sociabilisation : je ne progresse plus. Toutes ces années de thérapie ne m'ont pas permis de parvenir à savoir me faire des amis, ou à entretenir mes relations amicales, qu'elles soient privées ou professionnelles, ni de communiquer spontanément mes émotions. Je sais qu'il serait important pour moi de savoir le faire, mais ça ne marche pas. Ce constat attristé [lire cette note] m'incite à penser que mes problèmes proviennent d'au-delà de la phobie sociale ou des problèmes de couple. Je pense qu'en réalité je suis porteuse du syndrome d'Asperger et que je n'ai jamais été diagnostiquée, chose très fréquente chez les femmes Asperger.
A partir du moment où j'ai posé ce mot sur mes difficultés, elles ont toutes pris du sens et sont devenues plus vivables, autant pour mon mari que pour moi. 

J'ai donc effectué la démarche diagnostique du syndrome d'Asperger [lire cette note].
Il s'avère que je ne suis pas Asperger, mais je suis à Haut Potentiel Intellectuel. Les personnes à HPI sont hypersensibles, elles pensent, réfléchissent et ressentent les émotions (les leurs et celles des autres) différemment de la majorité de la population. D'après la psy qui m'a fait passer ces tests, mes problèmes anxieux et relationnels sont en grande partie attribuables à mon profil de haut potentiel.

Donc voilà, je sais ce qui cloche chez moi. Je suis un zèbre.

La psy qui m'a fait passer les tests diagnostiques a évalué mon estime de soi, chose qui n'avait jamais été faite. Résultat : estime de soi très faible [lire cette note].
Elle m'a proposé de faire une thérapie pour remonter mon estime de soi, j'ai accepté.

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