Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le déroulement de ma (très longue) thérapie

Il s'agit d'une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour une phobie sociale.

Ma phobie sociale, c'est mon compagnon et moi-même qui l'avons dépistée, sans trop savoir de quoi j'étais phobique. Ma culture médicale et mon goût pour tout ce qui touche au psychologique m'ont permis de réaliser que je faisais des crises d'angoisse toujours après les mêmes évènements (principalement engueulades avec mon compagnon, ou reproches au boulot) et que ce n'était pas normal. Mon compagnon avait lui aussi compris que quelque chose ne fonctionnait pas normalement chez moi sur le plan relationnel, il m'a incité à me soucier de ça. J'en ai parlé à ma psy de l'époque et elle m'a orientée vers un psychiatre cognitivo-comportemental, car, m'a-t'elle dit, le traitement des phobies n'était pas son domaine.

J'ai démarré la TCC en septembre 2007. Le psy a posé le mot : phobie sociale.
Il pratiquait des évaluations à l'aide de questionnaires pour mesurer mes progrès. Au tout début, j'avais un score à l'Echelle de Rathus à -49. Autant dire que j'avais peur de tout et tout le monde.
Je n'avais jamais demandé du feu à une personne inconnue dans la rue, je n'avais jamais salué quelqu'un que je connais sur le trottoir d'en face, je ne disais que rarement non aux demandes des autres. J'ai des souvenirs de ce types de comportements quand j'étais petite. Par exemple, le matin, je ne descendais jamais de ma chambre s'il y avait quelqu'un d'autre que mes parents ou mes frères dans la cuisine (le lieu de vie de la maison). Je ne disais jamais ce que je pense non plus quand il s'agissait d'un avis négatif, je l'exprimais autrement, la plupart du temps en boudant. Ma mère avait le même genre de travers sur le fait de ne pas dire ce qu'on pense. Elle m'a appris à fonctionner comme ça. Je pense qu'elle a le même problème que moi, mais elle n'a pas eu la chance d'être dépistée ni traitée.
J'étais sujette aux crises d'angoisse et aux épisodes dépressifs. Cela m'avais amenée à consulter, mais je n'avais jamais été bien diagnostiquée ni bien traitée auparavant [lire "les psys et moi"]. Je vivais recluse, ayant peu d'amis, des histoires d'amour mal vécues. Et puis j'ai rencontré mon compagnon, qui a compris que j'avais un problème et m'a incitée à consulter.

Deux années plus tard, en juillet 2009, je n'ai plus peur de tout le monde. Je suis à +48 sur l'Echelle de Rathus. Ma phobie sociale a disparu, ne reste plus que des difficultés avec les gens qui me sont proches, ceux qui comptent à mes yeux. Je mettrai un an, en février 2010, à réaliser que ma phobie a disparu, mon psy ne l'a jamais verbalisé.

Je mettrai encore une bonne année, en septembre 2011,  à comprendre que mon problème est un manque d'affirmation, à comprendre vraiment ce que c'est et comment le prendre en main. A ma décharge, entre temps j'ai fait un syndrome de sevrage aux anti-dépresseurs et un trouble anxieux généralisé qui ont parasité ma réflexion.

En octobre 2011, je me concentre sur mon manque d'affirmation. Je n'ai quasiment plus d'angoisses, j'ai le sentiment de comprendre mon problème mieux que jamais. Je pense être sur la bonne voie, même si c'est encore difficile de s'affirmer.

En février 2012, je fais un grand pas en avant. Un des (le ?) derniers remparts de ma pathologie tombe : suite à une énième difficulté financière, je comprends pourquoi j'ai fait mon trouble anxieux généralisé, je comprends pourquoi j'ai perpétuellement des angoisses sur l'aspect financier et j'ai une solution - simple mais anxiogène - à appliquer. Cela me permettra peut-être d'atteindre la sérénité vers laquelle je tends.

Eté 2012, par mes lectures je découvre la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT, 3ème vague des TCC) et la méditation de pleine conscience. Je comprends que toute mon énergie est absorbée dans la lutte contre l'anxiété et le contrôle de mes émotions et que ça m'empêche de vivre ma vie. Il y a une autre voie, celle de l'acceptation des émotions et de l'action engagée vers mes valeurs. Je me plonge dedans et commence à en ressentir les bénéfices début 2013.

Septembre 2014 : Après plusieurs mois sans avoir vu le psy, je retourne le voir, bien décidée à attraper le taureau par les cornes et à lui parler des domaines qui bloquent encore chez moi : mes problèmes dans le couple et mes problèmes avec l'argent. Je trouve le courage de lui raconter en détail mes problèmes avec l'argent. Lui est peu réceptif et semble estimer que je vais parfaitement bien et qu'il a fini son travail avec moi. Je décide donc de changer de psy. Je trouve une psychologue formée à l'ACT.
Elle m'invite à pratiquer l'autocompassion pour me pardonner mes erreurs et ainsi tourner la page sur mon rapport douloureux à l'argent. Parallèlement, elle me fait faire des exercices d'exposition pour augmenter mon affirmation au sein du couple.

Hiver 2014/2015 : je me mets sérieusement à la méditation grâce à la lecture du livre de Jon Kabat Zinn "Au coeur de la tourmente, la pleine conscience". C'est lui qui a introduit la méditation de pleine conscience en occident dans les années 70, en s'inspirant des pratiques Bouddhistes. Il a élaboré un programme d'apprentissage de la méditation en 8 semaines, pour sa clinique psy, durant lequel il enseigne à  ses patients la méditation de pleine conscience pour gérer leur stress et leur anxiété. Ce programme a aujourd'hui fait ses preuves dans la lutte contre les récidives de dépression.

Mars 2015 : Grâce à l'exercice intensif de la méditation et à l'aide de la psy, je comprends ce qu'est mon hypersensibilité à la critique.

Mai 2015 : A ma demande, ma psy me conseille une diététicienne pour m'aider à gérer mes problèmes de poids. C'est une diététicienne formatrice du GROS, elle applique les principes que j'ai appris grâce à la méthode Linecoaching. Au premier rendez-vous, elle m'a fait parler de mes émotions et m'a encouragée à pratiquer encore plus l'autocompassion. Elle m'a invitée à lire le livre de Kristin Neff (l'inventeur du concept d'autocompassion en psychologie) "S'aimer : comment se réconcilier avec soi-même". Je mets en pratique les recommandations de Kristin Neff.
Je revois la psy et lui raconte mon vécu d'autocompassion intensive et mes avancées significatives en matière d'affirmation au sein du couple. Elle en conclut que je n'ai plus besoin d'elle car elle n'a rien de plus à m'apprendre.
Ma thérapie est donc terminée.

Je vais continuer à voir la diététicienne pour continuer à apprendre à me réconforter autrement qu'en mangeant. Mais à ce jour (24 mais 2015), je n'ai plus de rendez-vous avec la psy.

Août 2015 : Ma thérapie était donc finie, j'etais débarrassée des psys et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Sauf que.
Sauf que j'ai le sentiment d'atteindre mes limites en terme de sociabilisation : je ne progresse plus. Toutes ces années de thérapie ne m'ont pas permis de parvenir à savoir me faire des amis, ou à entretenir mes relations amicales, qu'elles soient privées ou professionnelles, ni de communiquer spontanément mes émotions. Je sais qu'il serait important pour moi de savoir le faire, mais ça ne marche pas. Ce constat attristé m'incite à penser que mes problèmes proviennent d'au-delà de la phobie sociale ou des problèmes de couple. Je pense qu'en réalité je suis porteuse du syndrome d'Asperger et que je n'ai jamais été diagnostiquée, chose très fréquente chez les femmes Asperger.
A partir du moment où j'ai posé ce mot sur mes difficultés, elles ont toutes pris du sens et sont devenues plus vivables, autant pour mon mari que pour moi. 
J'entame donc les démarches diagnostiques sur le syndrome d'Asperger.

Mars 2016 : J'ai passé les tests de dépistage du syndrome d'Asperger. Je ne suis pas Asperger, mais je suis à Haut Potentiel Intellectuel. Les personnes à HPI sont hypersensibles, elles pensent, réfléchissent et ressentent les émotions (les leurs et celles des autres) différemment de la majorité de la population. D'après la psy qui m'a fait passer ces tests, mes problèmes anxieux et relationnels sont en grande partie attribuables à mon profil de haut potentiel. Donc voilà, je sais ce qui cloche chez moi. Je suis un zèbre.
La psy qui m'a fait passer les tests a également évalué mon estime de soi, chose qui n'avait jamais été faite. Résultat : estime de soi très faible.
Elle m'a proposé de faire une thérapie pour remonter mon estime de soi. J'ai accepté.


Lien permanent 10 com'

Commentaires

  • Bonsoir Marie,

    C'est François de Marseille.
    J'ai vu le Dr Eric MALBOS ce soir . nous étions 3 patients en mème temps.
    - Explication de la phobie... j'ai enregistré ses 40 minutes d'exposé avec son accord
    - Il nous a donné une tonne de fichiers sur clé USB. j'en ai pour un moment à étudier tout ça. (1 giga octet)

    A bientôt

  • Bonjour,
    je viens de découvrir le travail du Dr Malbo et cela m'interesse beaucoup personnellement! Comment peut-on le contacter? Je recherche à travailler ces phobies chez moi, peut-on se procurer facilement un casque, et surtout, y a t-il des logiciels sérieux et lesquels? Merci pour vos réponses !

  • ça me parait un peu long, comme thérapie! Mais si les résultat sont là, alors super génial!

  • Je suis de votre avis, c'est très long ! Et pour un résultat mitigé.

  • Bonjour

    derniere seance de TCC avec le Dr Eric MALBOS avant d 'attaquer les séances solo avec le casque OCULUS RIFT pour se plonger dans un environnement virtuel. j essayerai la phobie de l'avion bien que je l'ai pris en 2105 pour aller au MAROC. Et je dois le prendre en MAI 2016 pour partir en CRETE.
    également premiere séance de 45' de MEDITATION en PLEINE CONSCIENCE dans le cadre de l'hopital. Nous étions une vingtaine. C'est gratuit et en accés libre. Cela m'a beaucoup plu, et surtout incroyablement détentu. Je compte continuer maintenant que je vais etre en retraite.
    Amcalement
    François

  • Bonjour
    Combien de séances de tcc avant de commencer la thérapie virtuelle ?

  • Bonjour, OUI, j'en suis sur. Le doc utilise le casque virtuel pour la phobie sociale. Maintenant je ne sais pas si c'est un modele OCULUS RIFT. Perso, je commence le casque ce JEUDI pour l'AVION.

  • Bonjour, voila la 1ere séance en casque virtuel. Installation en 2 minutes du casque. Rentrée dans le tunnel menant à l'avion. Puis il y a la table avec les journaux. Et même le steward qui dit bonjour. Mon siège est au fond à droite prés du hublot. pour aller à gauche ou a droite, il faut juste se tourner à gauche ou a droite. Debout. Pour avancer ou reculer, on a une télécommande à la main. Pour s'assoir appuyer sur OK au centre de la télécommande. SIMPLE ! Dans les oreilles des écouteurs. Et puis annonce de l’hôtesse. Bref le psy me demande Combien d’anxiété ? je réponds : 30/100. Décollage et vol. A ce moment là 50/100 d'anxiété puis ça se stabilise. Je me lève dans l'avion comme si j'allais aux WC , puis fais demi -tour et me ravise. En l'air, bruit des réacteurs comme si on y était. Enfin au bout de 10 min, obligation d'attacher les ceintures, puis atterrissage. Une fois arrêté on voit par le hublot les wagonnets arriver. etc etc...Puis on se lève et on fait la queue pour sortir. Très impressionnant de réalisme. cela m'a profondément enrichi. Le doc m'a dit que je suis parmi ceux qui ont le mieux réussi, beaucoup n'arrivent pas à rentrer dans l'avion. Expérience très forte. (à suivre) François

  • Bonjour,
    Avez vous essayé la thérapie brève et l'hypnose?
    Cordialement, Marc

Écrire un commentaire

Optionnel