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Bref, j'ai revu le psy.

Je suis donc allée à mon rendez-vous avec le psy, pour lui exposer ma problématique.
Il m'a écoutée, entendue, même. Il m'a demandé de lui citer les éléments qui me font penser au syndrome d'Asperger.
Alors il m'a dit qu'une partie des points que je cite sont des choses tout-à-fait normales, qu'on rencontre chez tout le monde, comme les routines, et surtout comme le fait d'être peu genrée en me citant comme exemple Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter qui parlaient de "se déguiser en fille"; je lui ai répondu qu'à mon avis ces deux femmes-là sont sur le spectre. Il pense aussi que le fait que je me reconnaisse dans le bouquin de Rudy Simone sur l'Asperger au féminin n'est pas un argument : "à la fac de médecine, quand on  avait les cours sur les personnalités borderline, tous les étudiants se reconnaissaient" etc. Je ne suis pas d'accord, j'ai lu des livres sur des tas de pathologies dans lesquelles je ne me suis absolument pas reconnue.
Et il pense que le reste des éléments que j'ai cités sont les stigmates de ma phobie sociale. Des points qui restent à traiter, que je n'avais pas mentionnés au début de ma thérapie, sur lesquels nous n'avions donc pas travaillé. La perspective de repartir sur des séances avec lui m'a fait fondre en larmes. Il m'a demandé si pleurais parce que je VOULAIS être Asperger. Je lui ai dit que c'est parce que je ne voulais pas recommencer à revenir le voir pendant encore des mois et des mois. Il a tenté de me rassurer en me disant que ça pourrait être très court. Je lui ai répondu que la TCC de départ devait être très courte et ça a duré 8 ans et c'est pour ça aussi que je pense qu'il y a autre chose.
Et puis, en désespoir de cause, je lui ai dit que j'avais une autre motivation pour le diagnostic : si le CRA accepte de me faire passer le test, je veux que mon mari vienne à la séance où on m'explique le diagnostic, quel qu'il soit, et qu'il entende de la bouche de spécialistes que j'ai des difficultés réelles, quelles qu'elles soient, et qu'on nous les explique, pour qu'il comprenne à quel point je fais des efforts en permanence et que je ne fais jamais exprès de dysfonctionner et surtout jamais parce que je ne me soucie pas de lui. 
En entendant ça, le psy a changé de discours et m'a dit qu'il comprenait pourquoi je me voyais Asperger, qu'il cernait bien chez moi cette difficulté à communiquer et à interagir avec les autres, ce sentiment que j'ai de devoir apprendre à fonctionner, mais que j'étais certainement en bout de spectre et que je serai très difficile à diagnostiquer. Que tout ce que je risquais d'obtenir comme diagnostic c'est "une tendance à l'Asperger". Je lui ai dit que j'en étais consciente et que ça m'allait tout-à-fait. Alors il m'a dit que lui n'avait pas assez d'arguments à présenter au CRA pour "les appâter" et les inciter à me faire passer le test et m'a demandé de travailler sur cette liste en m'aidant de mes lectures. Il m'a conseillé également d'éviter de faire référence à des auteurs non reconnus (il parlait de Rudy Simone). 

Donc, pour résumer, le psy compte sur MOI, patiente, pour faire SON travail de psy.
Je peux me tromper, mais je ne pense pas que ce phénomène s'explique par les stigmates de ma phobie sociale...


A part ça, j'ai vérifié sur le site du CRA de ma région, la base de données du Centre de Documentation est accessible en ligne : ils ont le livre de Rudy Simone, dans la catégorie "Asperger", section "Aspects généraux et identification". 

Commentaires

  • Ca confirme tout à fait ce que je viens de vivre avec mon propre CRA .

    Discours explicite du CRA :
    - nous sommes navrés, mais nos psys sont archi-débordés, et nous ne pouvons pas nous occuper de vous; voici des adresses de psys libéraux.

    Discours implicite (mais peut-être que j'ai trop interprété):
    - vous vous exprimez apparament normalement, et si vos difficultés n'ont été diagnostiquées que très recemment, c'est que vous n'êtes pas évidemment dans le spectre autistique (donc pas si handicapé que ça); de plus nous donnons la priorité aux jeunes; alors allez-vous faire voir ailleurs !
    (tout ça très diplomatiquement dit, c'est moi qui force le trait)

  • "il pense que le reste des éléments que j'ai cités sont les stigmates de ma phobie sociale. Des points qui restent à traiter, que je n'avais pas mentionnés au début de ma thérapie, sur lesquels nous n'avions donc pas travaillé."

    Ça fait depuis la fin de la thérapie avec la seconde psy que je trouve curieux que tu n'es pas eu plus "d'exercices pratiques" en TCC tel qu'exposition spécifique à tes difficultés avec ton mari et par rapport à te faire des amis. En TCC il y a aussi un autre volet important à développer c'est d'apprendre à développer ses habilités relationnelles et sociales, étant donnée notre anxiété on ne l'a jamais appris vraiment, on n'a pas eu l'occasion.

    Ces habilités sociales et relationnelles ne sont PAS innées, et ce pour tous, la raison pour laquelle nous n'avons pas été en mesure de faire cet apprentissage comme la majorité des gens c'est dû à nos distorsions cognitives.

    Un autre point à amélioré qui fait aussi parti des TCC c'est l'estime de soi, oui il faut de l'auto compassion, mais il faut AUSSI avoir une saine estime de soi.

    Avec les amis je semble avoir les mêmes difficultés que toi, je suis conscient qu'il faut que je développe mes habilités sociales et relationnelles et c'est ce que je fais, car je n'est pas de cercle d'amis et j'en veux un.

    Comme je t'ai déjà écrit, je ne crois pas que tu sois dans le spectre de l'autisme, on est plutôt tous les 2 sur le spectre des TCS. Je comprend ton interrogation avec l'autisme je me suis interrogé aussi, car il y a de nombreuses ressemblances et c'est mélangeants parfois, par contre après avoir rencontré de nombreuses personnes avec des TSA "au pire" je suis en début début de de spectre et c'est indétectable...

    La nouvelle refonte du DSM avec le TCS cadre beaucoup plus avec nous... mais même pour la science ce ne sont que des troubles (TSA) et non "une maladie", leur diagnostique demeure TRÈS subjectif.

    Je vais suivre la suite car je suis curieux et on vit beaucoup de similarités, mais au-delà de te réconforter un diagnostique ne changera pas grand-chose à mon avis, même pour ton copain; "une étiquette (TSA)" ne le rendra pas plus compréhensif envers toi. La compréhension et la compassion viennent de l'intérieur et non de l'extérieur, s'il ne te croit pas quand tu lui dis que tu fais des efforts après tout ce temps je doute qu'une étiquette mise sur TOI change quelque chose dans SON comportement.

    Peu importe ce qui arrivera, je te souhaite le meilleur à toi et ton copain ! :)

  • Que je sois TCS ou TSA, je n'en sais rien, c'est un psy qui le dira. Ce que je sais, c'est qu'avant ma TCC, j'évitais les gens parce que j'en avais peur et qu'aujourd'hui, je ne les évite plus mais je les oublie s'ils ne font pas partie de mon quotidien. Je ne souffre pas de ne pas avoir d'amis, c'est mon mari qui en souffre. Je ne souffre pas de ne pas avoir de réseau, mais ma vie professionnelle risque concrètement d'en pâtir. Donc, techniquement, j'ai besoin de sociabiliser pour maintenir mon style de vie si durement acquis, mais je n'ai pas réellement d'envie de sociabiliser. Et ce constat, je le fais sur d'autres points de dysfonctionnement. C'est en cela que je pense qu'il ne s'agit pas uniquement de stigmates de ma phobie sociale.
    Quand à mon mari, le simple fait d'avoir évoqué avec lui l'hypothèse d'un syndrome d'Asperger a suffi à le rendre plus compréhensif avec moi.

  • Cette clarification de ta part m'aide à comprendre ton point de vue car moi de mon coté je souffre de ne pas avoir de cercle social, c'est un besoin que j'ai et qui est à combler.

    Une bonne année 2016 à vous 2 :)

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