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  • Fin février 2012

    J'ai appelé le psy pour avancer la séance suite à ma prise de conscience concernant mon rapport phobique à l'argent. J'avais besoin qu'il m'aide à comprendre le pourquoi du comment pour être sûre de régler ce problème définitivement.
    Je lui ai donc raconté ma prise de conscience.
    La dernière fois que je lui avais parlé de mes dettes, il avait une réaction d'effarement qui avait été anxiogène pour moi qui m'avait poussée à ne plus lui en reparler. Cette fois-ci, j'avais anticipé son effarement, il ne fut pas anxiogène.
    Je lui ai raconté que j'avais arrêté de faire mes comptes après être entrée dans une période où je faisais beaucoup de crises d'angoisse et je ne m'occupais plus de moi. Il m'a dit que j'étais alors en dépression, qu'il était normal de ne pas réussir à tenir ses comptes quand on est dans cet état. Cela m'avait conduit à un interdit bancaire. Il m'a dit qu'il pensait que j'avais du reprendre mes comptes après cet interdit, et arrêter à nouveau.
    Je lui ai dit que je pensais que cela venait de la phobie sociale, que si je ne m'étais pas remise à faire mes comptes alors que mon compagnon me le demandait depuis longtemps, c'était pour ne pas avoir à lui dire non quand il me demandait à acheter quelque chose d'un peu cher. Le psy m'a dit que c'était possible mais qu'il fallait aussi chercher d'autres pistes.
    Il m'a donc demandé de chercher précisément quand j'avais arrêté de faire mes comptes, si je les avais repris après l'interdit bancaire et quand j'avais à nouveau arrêté. Cela devait correspondre à des évènements et me permettrait de comprendre pourquoi.


    J'ai donc fouillé mon bureau pour trouver des documents de cette époque. Malheureusement, tout est dans le grenier de mes parents. Alors je me suis botté les fesses mentalement et j'ai appelé ma mère pour lui demander de regarder s'il y avait des relevés de compte ou des talons de chéquier de cette époque dans son grenier. Je suis assez fière de moi sur ce coup-là. J'ai réussi à l'appeler sachant que je devrais lui parler de mon problème avec l'argent. Elle m'a en effet demandé pourquoi. Je lui ai donc expliqué. Elle m'a dit qu'elle se doutait que je ne faisais pas mes comptes, mon grand-frère lui en avait fait le diagnostic il y a quelques années. Ni elle, ni lui ne m'en ont jamais parlé ouvertement.
    J'ai fouillé mon ancien blog. Malheureusement, il commence en 2004 et l'interdit bancaire date de 2003. Mais il y apparaît quelques notes qui évoquent le fait que j'avais une carte électron à cause de l'interdit bancaire. Cette relecture m'a replongée dans une période où j'étais vraiment malade de ma phobie sociale, j'y ai identifié un TAG et des épisodes dépressifs. Quel chemin parcouru depuis cette époque...!

  • Effet domino

    Ce week-end, j'ai reçu mon frère, ma belle-soeur et leurs deux enfants. Ça faisait longtemps que je ne les avais pas reçus, parce que soit j'allais chez eux et je m'ennuyais (lui sur son PC, elle sur sa console et moi seule dans un coin avec une BD), soit ils venaient chez moi et je n'aimais pas la façon dont mon frère s'adressait à ma belle-sœur ou à ses enfants : toujours en criant, et j'avais préféré les éviter.
    Avoir parlé de ma phobie sociale et de mon manque d'affirmation à ma collègue la semaine dernière m'a libérée. J'ai ainsi pu en parler à mon frère et ma belle-soeur. Je leur ai expliqué que je les avais évités toutes ces années pour ne pas avoir à leur dire ce que je pensais, chose que j'ai faite par la même occasion en précisant que j'aurais du en parler à l'époque pour éviter de couper les ponts. Leur réaction a été en-dessous de ce que j'attendais : manque de curiosité, mais bienveillante tout-de-même. Du moins de la part de ma belle-soeur, mon frère, lui, a simplement levé le nez de sa BD.
    Après-coup, je comprends mieux leur réaction.
    Ce week-end m'a permis d'observer et de comprendre le comportement de mon frère. Je pense qu'il souffre de manque d'affirmation, voire de phobie sociale. Il y remédie par de l'agressivité et de l'évitement.
    En voici un exemple : ma belle-soeur a été très étonnée de voir mon compagnon appeler l'architecte qui a travaillé sur la rénovation de la maison pour prendre rendez-vous. Elle m'a expliqué que jamais mon frère ne prendrait un rendez-vous ainsi. Elle m'a d'ailleurs confirmé ce que je pensais en m'expliquant que mon frère passe tout son temps libre dans son coin sur son PC, qu'il ne prend pas ou peu d'initiative, qu'il ne prend effectivement pas de rendez-vous lui-même (plombier, dentiste etc...), qu'il n'appelle jamais aucune administration. J'ai dit à ma belle-soeur que ça ressemblait beaucoup aux problèmes que je rencontre et dont je leur avais parlé la veille au soir. Elle a approuvé.
    J'espère qu'elle ira chercher de l'info sur la phobie sociale et comprendra que ces choses-là peuvent changer.

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