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Description clinique de la phobie sociale

 

 



Le trouble "phobie sociale" est rattaché au concept plus large d’ "anxiété sociale" défini comme un "sentiment d’appréhension, de conscience de soi pénible, accompagné de manifestations physiologiques gênantes, survenant lors de situations sociales ou d’évaluation".

 

 

 

 

 


Nous devons la première définition de la phobie sociale à MARKS et GELDER en 1966, cités par STEIN : "la phobie sociale est une réaction anxieuse lors de situations sociales, caractérisée par la timidité ou la peur de rougir en public, ou de manger au restaurant, ou de rencontrer des hommes et des femmes, ou d’aller à des soirées, ou de trembler quand on est observé".


Actuellement, la phobie sociale se définit comme une peur persistante d’une ou plusieurs situations dans lesquelles le sujet est exposé à l’attention et au regard d’autrui. Sous ce regard, il craint en permanence d’agir de façon humiliante ou embarrassante pour lui-même, mais aussi pour les autres. La peur principale est que ceux qui le regardent émettent ou simplement pensent à des critiques humiliantes. Les pensées supposées négatives d’autrui sont donc d’autant plus redoutées que les critiques sont réelles.


Le diagnostic de la phobie sociale repose sur quatre piliers symptomatiques :

 

− Les cognitions :

Elles sont centrées sur le souci de donner une image positive de soi aux autres, ce qui entraîne, par conséquent, la crainte d’une évaluation négative. Le sujet est envahi de pensées négatives : échec humiliation, incapacité...
Le phobique social focalise son attention sur ses propres manifestations (autocontrôle) et sur les signes provenant de l’entourage, tentant de repérer les marques de rejet, de critique, aussi minimes ou indirectes soient-elles, puis ruminées pendant des heures, confirmant ses pensées négatives et alimentant la trame des croyances profondes d’infériorité, de manque de valeur ou de dangerosité des rapports humains.
Il est habituel de retrouver chez ces patients une hypersensibilité à la critique, à l’évaluation négative ou au rejet, une difficulté à manifester de l’assurance et une faible estime de soi ou des sentiments d’infériorité.

 

− L’anxiété anticipatoire :

L’anxiété d’anticipation survient vis-à-vis des situations où est impliqué le regard de l’autre. L’expérience déjà éprouvée d’échec réel ou perçu comme tel, dans une situation sociale ou l’échec imaginé en référence à une situation sociale anxiogène passée, va entraîner une exposition en pensée qui va déclencher l’angoisse d’anticipation d’une situation sociale à venir, c’est à dire en rapport avec la crainte d’être jugé anxieux, faible, inapte, voire stupide. Ces situations sont les mêmes que celles retrouvées dans l’angoisse situationnelle.
Cette anxiété anticipatoire usante, taraudante, omniprésente, peut s’exprimer bien longtemps avant la confrontation à la situation sociale ou publique anxiogène.
Cette angoisse se manifeste notamment par l’apparition de signes neuro-végétatifs importants et se continue par l’angoisse situationnelle ou à l’évitement de la situation redoutée.
Rapidement, une spirale anxiété anticipatoire - échec perçu - anxiété anticipatoire accrue - échec perçu plus grave... va s’installer.

 

− L’angoisse situationnelle :

Là encore le sujet se trouve confronté à une double source d’angoisse.
La première est liée à la crainte fondamentale de la phobie sociale, à savoir la peur d’être jugé par le regard d’autrui en raison de la certitude qu’a le sujet de la faiblesse de ses compétences sociales.
La seconde est due au fait même d’éprouver une anxiété situationnelle avec son cortège de signes neuro-végétatifs : tachycardie, extra-systoles, tremblements, accélération de la respiration, sensation d’étouffement, douleurs thoraciques, aphonie, vertiges, voire dépersonnalisation – déréalisation.
L’expression en elle-même de ces signes d’anxiété va entraîner une angoisse secondaire, elle aussi liée au regard de l’autre : crainte de passer pour quelqu’un d’inapte à s’exprimer en public, crainte de se mettre à trembler au moment de devoir manger devant d’autres personnes, crainte de devenir aphone au cours d’une conversation ou d’un exposé...
Si on parle d’anxiété anticipatoire avant l’exposition à la situation sociale anxiogène et d’angoisse situationnelle pendant celle-ci, il ne faut pas pour autant imaginer que l’ "après-exposition" est exempte d’émotion négative. En effet, en cas d’évaluation d’inaptitude réelle ou perçue comme telle, le sujet phobique social éprouve alors un sentiment de honte et de culpabilité de "ne pas avoir été à la hauteur", d’avoir déçu ou alors d’avoir évité la situation. Ce sentiment persiste longuement après les faits, avec des remémorations douloureuses. Il persiste des traces hypermnésiques, des cicatrices émotionnelles traumatiques de l’évènement qui, lorsqu’elles sont évoquées, peuvent entraîner à nouveau le même cortège neuro-végétatif d’angoisse qu’initialement. Ces expériences traumatiques participent au maintien et au développement des distorsions cognitives.

 

− L’évitement :

Face à l’intolérable de l’anxiété et de la honte, le sujet phobique social va tout d’abord tenter de lutter, de se contrôler, mais cette pression supplémentaire sur ses capacités sociales d’adaptation ne va faire qu’aggraver la spirale anxieuse.
Ne reste alors qu’une solution : la fuite.

Certaines situations relationnelles seront alors évitées en totalité, entraînant des préjudices sociaux, professionnels ou personnels parfois majeurs : ne pas aller dans tel lieu fréquenté, éviter tel entretien d’embauche ou tel concours de promotion, ne pas aborder la personne qui plaît... Tous les stratagèmes possibles sont alors mis en place : excuses, prétextes, mensonges, parfois même des scenarii complexes comme par exemple organiser un faux appel téléphonique pendant qu’on est en conversation avec autrui pour pouvoir se défiler.
Plus insidieusement, le phobique social va mettre en place des évitements partiels, c’est-à-dire qu’il participe, mais avec une retenue protectrice : accélérer ou amputer son exposé pour réduire son temps de parole, ne pas s’engager au moment où la relation affective pourrait devenir véritablement intime, participer à une soirée en restant dans son coin...
D’autres comportements plus discrets, appelés "évitements subtils", méritent un repérage sémiologique précis. Il s’agit des petits gestes de précautions qu’effectue le sujet, qui lui permettent de se confronter aux situations sociales en se persuadant qu’il n’y a pas d’évitement et pas d’angoisse, mais qui, en réalité, entretiennent la croyance du danger et qu’il faudra donc bien identifier avec le patient afin de réaliser une thérapie d’exposition réussie : une mèche soigneusement installée devant le visage, une tenue rouge sensée atténuer le rougissement, des gestes de diversion, une attitude hautaine et cassante...



NB : les éléments mis en gras sont ceux que je reconnais chez moi.



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Commentaires

  • Bonjour, je m'appelle Anna, j'ai 21 ans et je suis dans ce cas-là.
    J'avoue que je ne sais même pas vraiment pourquoi j'écris un commentaire ... en fait je suis désespérée ..
    Depuis mes premiers souvenirs d'enfance jusqu'à aujourd'hui, c'est ce que j'ai ressenti. De façon différente au fil des années, cette peur a évolué. Par exemple quand j'étais petite je lisais beaucoup ou je me cachais dans la cour de la maternelle ou primaire. Puis en grandissant, je passais des heures dans la salle de bain pour que mon apparence n'ait aucun défaut. Et puis aujourd'hui, j'ai un appartement, j'ai grandit, je dois faire les choses seule... malheureusement j'en suis incapable, et c'est de pire en pire.
    Je n'arrive plus à sortir de chez moi, ce qui engendre de plus en plus de problème dans ma vie (financier, administratif, social..) et je me déteste de plus en plus.
    J'ai peur de sortir, j'ai peur des gens, de répondre au téléphone, de m'adresser à quelqu'un (même au bureau de tabac). Chaque fois que quelqu'un rigole dans la rue, je suis persuadée que c'est de moi, mais vraiment persuadée ! Quand quelqu'un me regarde, j'imagine tout ce qu'il peut être entrain de penser sur moi. J'ai beau essayer de me contrôler, je n'y arrive pas. Parfois je n'ai plus rien à manger et je préfère ne pas manger plutôt que de sortir. J'ai fait ça à plusieurs reprises pendant 3 ou 4 jours.
    En plus d'avoir peur de l'extérieur, je suis dépressive, ça fait aussi quelques années.
    Alors que faire ? Parce que la vérité c'est que je n'ai pas envie de vivre ces situations de stress. ça fait des années que je lutte et je suis fatiguée, je n'ai plus envie, j'arrive sur la fin ...
    Moi j'ai envie de tout arrêter, mettre fin à tout ça parce que c'est simplement ce que je veux. Pourquoi continuer à vivre si c'est, ou pour souffrir à me forcer à vivre, ou pour me terrer et vivre comme un légume en voyant ma vie défiler sans rien en faire ...
    Donc voilà, je ne vois pas d'autre solution, malheureusement j'ai une famille et quelques proches qui seraient vraiment anéantis si je venais à mourir. Alors je vis pour ces personnes là ... mais je suis fatiguée, j'en ai marre ... c'est peut-être égoïste mais je trouve égoïste aussi de m'obliger à vivre (donc être malheureuse) pour ne pas faire souffrir les autres ... Pourquoi devrai-je me sacrifier moi ?

  • Je vous réponds par mail.

  • Bonjour,
    Je suis aujourd'hui phobique sociale enfin c'est ce que je pense.. Je n'arrive plus à sortir de chez moi seule, je quitte tout ce que je commence c'est à dire les formations ou les boulots par peur de ne pas être à'a hauteur ou j'ai ll'impression qu'on ne m'aime pas, que les collègues me critiquent et je fais mal le boulot.. Donc je me mets en arret maladie .. Et cette fois je suis sous anti dépresseurs, je ne voulais pas mais c'était pour moi le seul moyen pour me sentir mieux.. Même si franchement ça ne change pas grand chose car jai tout le temps envie de dormir, je n'arrive pas à sortir de mon lit, je mange moins , je refuse de voir du monde, même mes proches .. Bref ça devient vraiment critique, je n'y arrive plus.. Pourriez vous me donner quelques conseils ? Merci d'avance. Laura

  • bonjour Laura, je vous réponds par mail.

  • Bonjour,

    J'ai le même problème, sauf que maintenant c'est devenu extrême car je suis incapable de sortir dehors ou d'entrer en contact avec n'importe qui. Je suis barricadée chez moi depuis 4 mois maintenant, je ne sors jamais car ça me stresse trop. Lorsque je dois jeter mes poubelles, je me prépare psychologiquement, je vérifie par le judas s'il y a quelqu'un dans le couloir puis j'entrouvre la porte pour écouter s'il y a des gens et ensuite seulement je sors en me dépêchant. Si j'entend un bruit de clef ou des pas je panique complètement et je rentre vite chez moi et je referme la porte derrière moi. Des fois je laisse même la porte ouverte pour être sûre de pouvoir rentrer plus vite au cas où quelqu'un vienne. Je n'arrive pas à parler au téléphone à des inconnus, je ne vie plus que dans ma tête. Je suis désespérée, je me reconnais bien dans le commentaire d'Anna.
    Je prenais des antidépresseurs que j'ai complètement arrêté et bizarrement depuis je n'ai plus envie de me suicider. Je veux trouver une solution mais tout me terrorise. Je ne peux pas faire comme vous et aller voir un psy spécialisé dans les tcc parce que rien qu'à l'idée de devoir m'exposer aux regards des autres je panique complètement.
    Alors j'ai demandé par mail à une psychologue si elle faisait les consultations à domicile, pensant que ça serait moins stressant. Mais en fait pas du tout car quand sa réponse a été positive je n'ai plus jamais répondu car rien que l'idée qu'une personne vienne chez moi je ne peux pas, j'ai trop honte que quelqu'un me voit comme ça et chez moi c'est pas assez bien non plus.
    Ma soeur a contacté plusieurs associations pour avoir des solutions mais ils répondent tous que je dois aller consulter. C'est très bien seulement je ne peux vraiment pas.
    Je suis désespérée et en même temps je me dis qu'il doit bien exister quelque part en France une clinique avec du personnel spécialisé, formé aux phobies sociales et qui pourrait m'aider à aller mieux. Je n'ai qu'à trouver cette clinique et ensuite faire un effort surhumain pour y aller. Et alors là je serai en panique complète mais au moins j'y serai déjà et je pourrais commencer une thérapie avec des psychiatres qui font pas n'importe quoi en interprétant mal mon comportement ou les paniques.
    Est ce que tu connais une clinique spécialisée dans les phobies sociales stp je ne sais plus à qui m'adresser? Quoi faire?
    Merci

  • Bonjour Jeanne,

    Je me reconnais bien dans ton temoignage, oû du moins je me reconnaissais car j'étais comme cela il y a deux ans, je n'y arrivais plus rien que le fait de me dire que je devais sortir de mon lit était une épreuve pour moi tout m'angoissait et le moindre effort à faire et la petite activité est insurmontable.
    Mais tu dois casser la boucle .. c'est à dire faire en sorte petit a petit de reprendre le cours de ta vie en réfléchissant à ce qui te procure du plaisir .. Cest ce qui f tu que ton cerveau t'envoie du courage et des ondes positives et te donne la force de faire des choses.
    C'est vraiment le fait de sortir chez toi qui te fait peur? De rencontrer du monde? De devoir parler? Explique moi ..
    car moi cetait le fait de devoir parler à qu'un qu'il se rende compte que je ne suis pas intelligente.. ou autre
    Mais je me suis rendue compte que plein de gens étaient comme moi hésitant, avait honte au quotidien ce sont des réactions tout à fait normal et qui nous empêche de vivre certaines situations certe mais la peur est normale Cest ca qu'il faut que tu te mette en tête.
    Tu dois reprendre des médicaments je pense car c'est cela qui ma aide à m'en sortir vraiment .. Cest un désinibateur un peu comme l'alcool donc tu ne réfléchis pas sans cesse à ce que tu es en train de faire cela peut être dangereux quand tu conduis ou autre mais il faut être suivi ..
    Moi c'est mon médecin généraliste qui m'a prescrit cela ..
    Il faut que tu ailles voir quelqu'un à qui tu peux faire confiance .jtu peux me laisser aussi ton numéro de téléphone car ma Psy peut te parler au téléphone et elle est très douce c'est elle qui m'a aidé à m'en sortir et à banaliser la chose.
    Vraiment c'est important de comprendre certaines choses et ça sera de l'histoire ancienne quand tu découvriras que tu es "normale" juste que des éléments du passé ressurgissent et te crée des angoisses inutiles.

    Si tu veux voilà mon adresse mail :
    Laura.coquart@yahoo.fr

    À bientôt Jeanne et courage

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